Née dans une famille très tournée vers le sport automobile et avec trois frères, Lucette va débuter le sport automobile comme coéquipière sur une DB Panhard. Elle s’engage ensuite à l’écurie noire où elle gagne la confiance de ses collègues masculins qui ne vont pas hésiter à lui confier toutes les ficelles des trajectoires et prises de notes.
Elle les met à profit au volant d’une Dauphine de série d’abord, majoritairement en course de côte, puis en 1962 elle passe aux choses un peu plus sérieuse en s’engageant au rallye de Monte Carlo au volant d’une Volvo.
C’est cette même année qu’au hasard des courses elle rencontre René Cotton qui lui propose de piloter une DS au rallye Paris Saint raphaël féminin 1963.
Coup de maître pour un coup d’essai puisque Lucette remporte l’épreuve sans coup férir et enchaînera quelques courses au sein des DS de l’écurie Paris Ile de France en tant que coéquipière de Claudine Trautmann. Au départ de Claudine Trautmann chez Lancia, Lucette deviendra la pilote incontournable chez Citroën. Elle ne quitte désormais le volant que pour copiloter son mari Jean Claude Ogier.
Elle remporte en 1965 la coupe des dames au rallye de Monte Carlo et à l’East African Safari (seule consolation de Citroën dans cette épreuve), et rate le triplé au rallye de l’Acropole. Sa coéquipière malade se trompe de note et Lucette se souvient d’avoir vu la DS foncer sur les spectateurs et avoir repris ses esprits dans une DS sur le toit, au milieu des fondations d’une maison et avec un gendarme dans la voiture. Le tout fort heureusement sans blessures graves.
En 1966, Jean-François Piot lui propose quelques courses sur Triumph, et en cumulant les participations elle termine 3ème du championnat de France féminin où la DS est toujours barrée par les vraies voitures sportives dont la Lancia de Claudine Trautmann. L’année 1966 aura pu se terminer tragiquement lors de l’épreuve sur le circuit de Reims du rallye des routes du Nord après une violent sortie de route marquée par une longue série de tonneaux.
En 1967, Lucette va courir 18 épreuves pour tenter de conquérir le titre de championne de France tant convoité, n’hésitant pas à engager la DS familiale quand l’écurie officielle ne participe pas. Malgré 7 coupes des dames, et l’utilisation des protos raccourcis, le titre lui échappera encore. Elle participe avec Jean Claude Ogier a une épreuve inédite, la Transcanada Shell 4000 qui traverse le Canada et où Citroën tente un coup de pub pour le marché américain.
A partir de 1968, l’activité de l’usine se ralentit car les DS sont à la peine face aux nouvelles berlines allemandes notamment. Lucette sera engagée par Ford pour participer au Londres-Sydney avec une coéquipière anglaise. L’ambiance va être détestable pendant tout le voyage avec Rosemary Smith (anglaise caricaturale) mais l’équipage verra l’arrivée en 48ème position. Au retour, Lucette décide de saluer son frère en nouvelle Calédonie et rencontre l’importateur local qui leur propose sa voiture pour disputer le safari calédonien qu’ils remportent en mettant un terme à l’hégémonie Peugeot.
C’est aux antipodes que Lucette va glaner ses derniers succès en 1969 réalisant un doublé au safari calédonien, puis à l’initiative de Jim Reddiex, en remportant en 1970 le redoutable Ampol Trial long de 16500 kms en Australie.
Ensuite Lucette se consacrera à ses enfants, et seul Jean Claude continuera à courir. En 1982, ils tentent un pèlerinage sur une visa trophée au rallye de l’Acropole où est née leur idylle 17 ans plus tôt mais devront abandonner.

