Dans la famille Perrot, on a les chevrons dans le sang depuis 1922 lorsque le grand père de Christian crée le premier garage familial à Flavigny sur Moselle. Lorsque Christian se lance dans ces premières épreuves en 1972, c’est au volant d’une modeste Autobianchi A112 avec laquelle il -apprend à conduire- en alternant courses de côtes et rallyes, n’hésitant pas à disputer des épreuves réputées comme le rallye de la Châtaigne.
A partir de 1973, la petite A112 va être remplacée par la GS avec laquelle Christian dispute de nombreuses épreuves de navigation, mais aussi des rallyes régionaux sur asphalte ou sur terre. Bien que disposant d’une préparation identique à celle des MEP, et de pièces spécifiques de chez Condrillier, la GS n’en devient pas pour autant une bête de course mais sa fiabilité sera un atout majeur jusqu’au début des années 80. Christian courra également sur MEP en slalom notamment entre 1978 et 1981 avant de la revendre à Francis Ulmann.
C’est avec la GS qu’il connaitra sa première grosse chaleur lors du rallye de la Chataîgne 1984. En arrivant un peu trop vite dans une cuvette, la GS talonne et décolle vers les arbres sans que Christian ne puisse faire quoi que ce soit. Quelques secondes plus tard la voiture finit par s’immobiliser. Par chance l’équipage ne sera pas trop gravement blessé et c’est une vraie chance si l’on considère que le pavillon portait l’impact d’un arbre, et que Christian avait la marque de la roue de secours sur son casque.
En 1982, n’ayant pas les moyens d’acheter une Visa trophée, Christian s’oriente vers une Visa super X verte métallisée engagée en Groupe N (Voitures de série). Il truste les victoires de classe et ne tarde pas à se faire remarquer ce qui lui vaudra de disposer d’une aide de Citroën pour les pièces notamment. Grâce aux nombreuses victoires et aux primes reçues, il boucle son année 1982 sans déficit.
Faute de pouvoir acheter une nouvelle caisse, Christian décide de repartir de la caisse de sa Visa super X, pour reconstruire de toutes pièces une Visa ressemblant à une Visa trophée. Il prépare aussi celle de Bernard Borgognoni. Les deux amis se connaissent bien et vont se partager le volant des deux voitures. Pour plus d’efficacité une Visa sera préparée spécifiquement pour les courses de côtes, l’autre pour les rallyes. Pendant deux saisons, ce seront des batailles épiques avec les autres pilotes du trophée (Bernard Vautrin, André Gérouville, ….) marquées par une victoire absolue au rallye Champenois 1984.
En 1984, la Visa 1000 pistes fait son apparition. La jugeant trop fragile pour le goudron et trop chère à entretenir, Christian va prendre tout le monde par surprise en se préparant une Visa GTi groupe N pour la saison 1985. La classe N3 est une classe disputée avec des Golf et des 205 Gti qui n’entendent pas se laisser voler la priorité. Grâce notamment à un train arrière plus performant, Christian va leur donner du fil à retordre. Il va même remporter le rallye national d’Alsace au nez et à la barbe de ses concurrents qui ne se sont pas suffisamment méfiés de cette petite Visa grise.
Après deux saisons en Visa GTi, Christian va intégrer les formules de promotion Citroën. D’abord avec les AX sport où les concurrents du challenge avaient possibilité de s’étalonner face aux pros et semi-pros qui disposaient de voitures d’usine et où il va poursuivre sa moisson de victoires de classe en lorraine. Ensuite il rachète une ZX trophée groupe N à Joël Thiery avec laquelle il réalise de bonnes performances jusqu’à l’arrivée des Clio Williams groupe N qui, avec une bonne trentaine de chevaux en plus, vont accaparer la classe N3.
Il en faut plus pour décourager Christian qui va alors jeter son dévolu sur une petite Saxo VTS, d’abord en F2000/13 puis en A6 jusqu’à ce que des problèmes d’épaule ne l’oblige à ré-orienter sa carrière sportive. Aujourd’hui, après plus de 45 ans de licence de pilote, Christian continue à s’amuser en VHC. La Saxo est sagement rangée au garage et c’est au volant d’une Triumph Dolomite Sprint qu’il se fait plaisir sur les routes déjà maintes fois parcourues des rallyes de l’est.

