Il y a plus de 53 ans, un jeune homme prenait sa première licence à la journée pour disputer son premier slalom au volant de sa Fiat 850. Ce jeune homme s’appelait André Becker et ignorait que en 2020 il afficherait plus de 50 années de licence. Pourtant au départ, André n’est pas particulièrement attiré par le sport automobile, il vend surtout des pneumatiques et est réputé pour les qualités de ses cloutages. C’est ainsi qu’à force de préparer des pneumatiques pour les pilotes disputant notamment le Monte-Carlo ou le Neige et glace, il va tout doucement s’inoculer le virus du sport automobile.
Il effectue sa première saison véritable en rallye en 1968 au volant d’une R8 Gordini. Une voiture qui sera suivi d’une BMW 2002 Ti puis d’une Opel kadett GTE. En parallèle il dispute des courses de côtes avec des Ford Escort de différents modèles jusqu’à la RS 2000. Au début des années 80, il affronte régulièrement un certain Claude Masson dont la Visa lui pose de nombreux problèmes. Aussi lorsque ce dernier met en vente sa voiture fin 1986, André ne rate pas l’occasion d’acquérir cette nouvelle voiture en dépit de sa traction avant qui aurait pu effrayer un pilote habitué aux propulsions.
En 1986, il court exceptionnellement la saison comme coéquipier de Claude Alfieri sur une R5 turbo et il peut constater que Claude et la Visa ne sont pas très loin derrière eux.
Les débuts de l’union d’André et de sa Visa sont tonitruants, le mode d’emploi est vite acquis et les podiums s’enchainent le plus souvent sur la plus haute marche. Course de côte ou rallyes, rien n’échappe à l’appétit d’André qui termine la saison à la troisième place du classement de la ligue Alsace. Leur histoire d’amour va durer jusqu’en 1990 et un tonneau au rallye de la plaine dans la dernière épreuve spéciale alors qu’André pouvait prétendre à une place sur le podium du groupe. Après un remplacement de la caisse la Visa sera vendue en Moselle où sa carrière sportive semble avoir été brève.
Pour André c’est le début d’une phase de 4 années placées sous le signe du losange. R5 GT turbo et R11 Turbo vont se succéder avec des fortunes diverses en rallye. André se tournera alors essentiellement vers la course de côte et il faudra attendre 2001 pour revoir André au départ d’un rallye au volant d’une Honda Civic groupe N puis groupe A. Une auto dont il garde un bon souvenir si l’on excepte une série de tonneaux à la course de côte de Dunières sur la boue déposée par les camions de grumes.
Après la Civic en jusqu’en fin 2002, il faudra attendre 2013 pour voir revenir André en rallye au volant cette fois d’une petite AX Sport dans la petite classe du groupe F2000. A plus de 70 ans il conserve une conduite efficace et va rapidement agacer ses concurrents en monopolisant les victoires de classe avec une voiture à petit budget. Il se qualifie d’ailleurs pour la finale de la coupe de France des rallyes régionaux en 2015 mais sera trahi par sa boite de vitesse.
En 2020 pour ses 80 ans, il voulait s’offrir une nouvelle finale de la coupe de France mais la pandémie a mis fin à ses rêves malgré de bons résultats. Pour autant André ne renonce pas à réaliser son ultime challenge en 2021 ou 2022, toujours sous le charme de celle qui a été sa maîtresse toute sa vie, sa voiture.

