Serge Raymond découvre le sport automobile dès sa plus tendre enfance puisque ses parents habitent en région parisienne, à proximité de l’autodrome de Linas-Monthléry. C’est d’ailleurs sur la piste qu’il va faire ses premiers tours de roues en participant aux sélections du volant Shell en 1980 à Magny-cours.
Après un déménagement en Corse où il cumule les fonctions d’agent Citroën et de directeur d’une piste de Karting, Serge se lance dans le sport automobile au volant d’une Martini. A son volant il écume les épreuves insulaires, tant et si bien qu’il décroche en 1981 le titre de champion Corse de la montagne.
En 1982 il s’engage naturellement dans le trophée Visa nouvellement créé. Il participe aux épreuves régionales mais, comme le stipule le règlement, il dispute aussi des courses de côtes nationales et des épreuves sur circuit. Au tour de Corse, l’écurie officielle engage des voitures d’usine avec une assistance adaptée. Malheureusement les pilotes officiels abandonneront assez rapidement. Plutôt que de se retirer, Citroën va mettre l’assistance usine à disposition des amateurs du trophée dont Serge qui atteindra l’arrivée en 23ème position. Il se classe 17ème du trophée Visa.
En 1983, Serge repart pour une saison sur la visa trophée malgré la sortie de la visa chrono plus musclée. Son programme s’intensifie et il remporte le classement national de la ronde de la Giraglia et plusieurs victoires de groupe. Il dispute toujours l’épreuve fétiche du tour de Corse, mais face à une concurrence plus affutée, ne peut faire mieux que 31ème. Il termine la saison à la 11ème place du trophée Visa.
En 1984, Serge rachète la Visa chrono d’Alain Coppier mais doit faire face cette fois ci à l’arrivée de la toute nouvelle Visa 1000 pistes. Hormis un passage sur terre au rallye des 1000 pistes, l’essentiel de son programme sera axé sur les épreuves asphaltes et les courses de côtés corses. Il dispute quelques rallyes en catégorie nationale et remporte l’Ain-Jura. Plusieurs fois sur le podium scratch et groupe il cumule de nombreuses victoires de classe. Et se classe 2ème du trophée Visa national.
En 1985 Serge obtient le volant d’une Visa 1000 pistes engagée par le groupement des concessionnaires de France. Une auto qu’il possède toujours aujourd’hui et avec laquelle il participe à quelques épreuves historiques. Pour se consacrer à la course automobile il vend son affaire en Corse et revient sur le continent où la voiture est entretenue chez Citroën Draguignan.
La visa 1000 pistes est en configuration terre et le programme, a de très rares exceptions, tourné vers le championnat de France sur terre. A son volant, Serge remporte son premier scratch sur terre aux 24 heures de la découverte.
En 1986, Serge dispute l‘intégralité du championnat de France sur terre qui rassemble une joyeuse meute de pilotes acharnés parmi lesquels Christian Dorche, Maurice Chomat, Laurent Battut, Jean François Berenguer qui se battent comme des chiffonniers à coup de secondes. Au milieu de tout ce petit monde, Serge réalise sa meilleure performance au terre de Charentes en finissant 5ème du classement général.
En 1987, des épreuves sur asphaltes reviennent compléter le programme de Serge dont le championnat de France sur terre reste l’ossature de base. Il se place régulièrement dans le top 5 sur terre et dans le top 3 sur asphalte notamment au critérium de la neige, au rallye de Toulon et au rallye Draguignan-Verdon. Néanmoins le souvenir marquant de 1986 sera le Tour de Corse, épreuve mythique s’il en est. Aux prises pendant plus de la moitié du rallye avec des problèmes de frein, Serge réussit à rallier l’arrivée en 20ème position, 2ème du groupe B et s’octroie même le luxe d’un 8ème temps absolu lors d’une épreuve spéciale. Cette même année, Serge assure l’assistance de Carole Vergnaud et sa 1000 pistes dans les épreuves du championnat du monde, Monte Carlo, Acropole, Suède, 1000 lacs et Portugal.
En 1988 apparaît un nouveau trophée sur la base de la toute nouvelle AX sport. En marge du championnat de France sur terre, Serge va ainsi disputer tout le championnat de France de la Montagne sur AX. A l’issue des 15 épreuves, et malgré 7 victoires, il termine 2ème du trophée. Côté visa Serge dispute avec un certain succès les 24 heures sur glace de Paris, remporte le classement général au rallye de l’Esterel, et termine second du terre des Bruyères. Une 2ème place au goût amer pour un rallye perdu pour deux petites secondes lors de la dernière épreuve spéciale. A cause d’une fuite d’eau qui l’oblige à surveiller la température moteur, et malgré la petite avance accumulée, Serge sera devancé par un Joël Royer survolté qui s’étonnera à l’arrivée de ne pas être sorti de la route tant ses passages furent très limites. En guise de lot de consolation, Serge remporte le titre de champion de ligue PACA des rallyes sur terre.
1989 sera la dernière année 100% consacrée à la course automobile. Serge remporte la ronde sur terre des dentelles et réalise des résultats dans la lignée de ceux précédemment obtenus. Il revient à ses premières amours en disputant slaloms et courses de côte au volant d’une monoplace. Songeant à l’avenir il rachète un garage à Saint Raphaël. Du coup pendant plusieurs années le programme automobile va se réduire et se tourner essentiellement vers la terre et la glace avec plusieurs participations au trophée Andros. Deux victoires émailleront ces années, le rallye de l’Esterel 1990, et le trophée sur terre des mimosas en 1995.
Il faudra attendre 1997 pour voir Serge revenir aux affaires avec un vrai programme. Si la visa n’est plus vraiment en mesure d’aller titiller les podiums, elle reste une redoutable concurrente dans son groupe. Avec des classements étonnants au terre de Narbonne, et au terre du Diois (2ème) et au terre des Drailles (3ème), Serge accroche la troisième place du championnat de France sur terre en 1997.
1998 sera une année moins bonne en raison de problème de fiabilité qui empêcheront Serge de faire mieux que 8ème du championnat de France.
La Visa continuera de courir jusqu’à la ronde du Jura 2001 de façon épisodique. Elle sera remplacée par une Saxo T4 jusqu’en 2007 mais rencontrera de nombreux problèmes de fiabilité qui ne lui permettront pas de bien figurer. Depuis 2014, la Visa, remise en condition, repointe son museau dans quelques épreuves historiques. Elle est d’ailleurs remporté sa classe au rallye du Var 2017 et compte bien récidiver régulièrement avec son fidèle pilote.

