Yves débute en rallyes en 1976 quand enfin il peut se payer une Simca Rallye 2. Auparavant, au sein de l’écurie 02 il participe en tant que navigateur à des rallyes cartographiques. De 1976 à 1981 il va disputer de nombreux rallyes et slalom, utilisant même parfois une surprenante Renault 17 pour s’amuser entre les quilles. En 1982 il monte en gamme avec l’achat d’une Simca Rallye 3 avec laquelle il va courir jusqu’en 1986. Au rythme d’une douzaine d’épreuve par an il commence à faire parler de lui en accumulant les podiums de la classe S2.
Après avoir revendu a Rallye 3, Yves se met en quête d’une auto sympa pour courir. Il la trouve près de Chalons sur Saone, il s’agit d’une Visa 1000 pistes, faisant partie des 20 évolutions initiales dotées d’une évolution signée DMC (Denis Mathiot Compétition). Bien que ce soit une voiture relativement en vogue en 1986, le prix est relativement raisonnable. De plus, Yves reçoit le soutien de son employeur, la société MANPOWER et ce partenariat lui permet de financer un programme de maintenance à la hauteur de la mécanique. Il bénéficiera ainsi de deux groupes propulseurs qui seront changés et révisés tous les 3 rallyes.
Jusque fin 1991, il va disputer à son volant 5saisons intenses à raison de 12 à 14 épreuves par an et réussir la performance de se qualifier 4 années consécutivement pour la finale de la coupe de France des rallyes régionaux où ne sont admis que les meilleurs pilotes de chaque région. AU volant de sa petite voiture de 150 chevaux, Yves a livré des bagarres féroces contre des autos bien plus chères et plus puissantes contre les R5 Turbo. Les 4 roues motrices de la Visa étaient pénalisantes dans les montées et les changements de direction, où la transmission était soumise à rude épreuve ; pour aller vite il fallait passer propre, en trajectoire fine sur les grandes courbes et jamais en travers.
Il n’aura manqué qu’une victoire scratch à Yves pour que le palmarès soit complet. Il s’en est même fallu que d’une petite seconde pour que la victoire ne lui échappe au rallye du Thiérache 1990, que d’un ressort d’allumeur pour l’empêcher des remporter son groupe en finale de la coupe de France 1989, ou d’une poulie de pompe à eau pour l’empêcher de rentrer au parc fermé en vainqueur au Coteaux champenois 1991. L’aventure s’arrêtera en 1992 au moment où Yves décide de se mettre à son compte. Sans sponsor et très pris par son nouveau métier, il conservera la Visa dans le garage jusqu’en 1994 où elle sera revendue à Fabrice Tellier et continuera à enrichir son palmarès.

