A l’instar de Renault et ses coupes R8 ou R12 Gordini, Simca crée au début des années 70 le Simca Racing Team qui servira de tremplin à de nombreux pilotes. Roger Raous sera de ceux là à partir de 1975 et avec un certain succès puisqu’il termine 3ème du championnat 1976. Quand on regarde le nombre impressionnant d’engagés à chaque épreuve, on mesure mieux la valeur de ce classement.
En 1977 il se lance dans la coupe R5 Alpine des circuits. Il y obtiendra une jolie 5ème place au championnat de France et sera sélectionné pour les courses du championnat d’Europe. Il remportera celle du Circuit Paul Ricard, un circuit qui lui réussira souvent au cours de sa carrière. Fin 1978 il reconditionne sa R5 coupe en R5 groupe 2 et tente une reconversion vers les rallyes sur terre,
Lorsque Citroën lance l’opération Visa trophée pour la saison 1981, Roger dépose un dossier de candidature dans la région Provence. C’est finalement Maurice Chomat qui obtiendra le volant, mais Roger fait la connaissance de Yves Le Flanchec, Directeur de la direction commerciale de zone Citroën Sud-Est, avec qui le courant passe bien, et qui réussira à lui obtenir de Guy Verrier – Citroën Compétition – une Visa trophée pour deux courses, et surtout qui lui proposera un soutien financier pour la saison 1982.
1982 sera indiscutablement la meilleure saison de Roger même si les débuts au Lyon-Charbonnières furent laborieux. Alternant parcours à l’étranger, circuit, courses de côtes et rallyes, il termine 4ème du trophée. Un classement qui aurait certainement été meilleur si la participation au RAC ne s’était soldée par un abandon. Longtemps en tête des Visa, un grave accident de la circulation d’une des voitures d’assistance le privera de la moitié de son assistance dès la fin de la première étape, et Roger ne pourra terminer le rallye.
En 1983, Roger s’inscrit sur le trophée international au volant de la toute nouvelle Visa Chrono. Il brille toujours sur circuit, remportant la manche du Paul Ricard, et réalise de bonnes performances en rallye comme cette 13ème place au Costa Smeralda. Sa deuxième participation au rallye des 1000 lacs va malheureusement sonner le glas de ses espoirs. A la réception d’un saut un peu trop optimisé, la Visa se retrouve avec deux roues dans le fossé et surtout un gros rocher qui arrache la roue avant et envoie la voiture en tonneau par l’avant. Blessé à la jambe, la saison de Roger se terminera là et il sera néanmoins classé 6ème du trophée.
En 1984 apparaît la Visa 1000 pistes. Peu puissante, elle pouvait compenser ce manque par une agilité redoutable sur goudron comme sur terre. Roger va passer tout prêt d’une victoire scratch à deux reprises, sur le goudron du rallye Pétrole-Provence et sur la terre du rallye de la découverte. Malheureusement pour les candidats du trophée, l’année sera aussi marquée par des soucis sur les couples coniques qui vont entraîner de nombreux abandons. Roger aussi aura son lot d’abandon au rallye des 1000 pistes et surtout au rallye des 1000 lacs où il ne parviendra pas à sortir du premier secteur chronométré, après de bons chronos dans la spéciale d’entraînement disputée la veille du départ.
En 1985, Roger ne peut plus compter sur le soutien de la direction commerciale contrainte de diminuer ses dépenses. Il va donc concentrer son programme autour des rallyes du championnat de France sur terre et 1986 sera sa dernière année quasi-complète. Au milieu de la meute des 1000 pistes il obtient deux podium au Terre du Quercy et au terre des Cardabelles où il remporte le groupe B.
Fin 1987, souhaitant quitter les rallyes sur terre, il tente un rallye asphalte avec une Opel Corsa proche de la série, et tente de trouver un budget pour faire courir une Opel Commodore en circuit en 1988. Faute de sponsor l’année 1988 se résumera à une épreuve sur terre sur une Opel Ascona de location, une participation au trophée des champions avec une Opel Commodore et une dernière sortie de la Visa au terre de Bruyères. Muté en Guadeloupe, on reverra une dernière fois Roger à l’occasion d’une invitation à participer à une manche du trophée Peugeot 309 sur le circuit Paul Ricard, avant qu’il ne raccroche définitivement gants et casque.

